Au printemps, une case discrète pèse lourd sur l’imposition de vos placements, la case 2OP de votre déclaration d’impôts. En la cochant, vous renoncez à la flat tax et soumettez vos dividendes, intérêts et plus-values au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Selon votre tranche et la nature de vos revenus, ce choix allège ou alourdit la note. Contrairement aux solutions pour défiscaliser, il ne repose sur aucun investissement : il modifie seulement la façon dont vos revenus mobiliers sont imposés. Les pages qui suivent expliquent à quoi sert cette case, quels revenus elle engage, dans quels cas la cocher et ce que la loi de finances pour 2026 change à partir de vos revenus 2026, déclarés au printemps 2027.
À quoi sert la case 2OP sur votre déclaration
Vos revenus financiers peuvent être imposés de deux façons. Le premier mode est un taux forfaitaire, appliqué par défaut. Le second est le barème progressif, celui qui s’applique déjà à vos salaires ou à vos pensions. La case 2OP sert à choisir ce second mode.
La flat tax appliquée par défaut
Sans option, vos dividendes, intérêts et plus-values de valeurs mobilières supportent un impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 12,8 %. S’y ajoutent des prélèvements sociaux de 18,6 %, depuis que la CSG est passée à 10,6 %. Le total atteint donc 31,4 % pour les revenus perçus en 2026.
La hausse ne s’est pas appliquée partout au même moment. Elle a touché dès 2025 les plus-values de cession de valeurs mobilières, alors que les dividendes et intérêts versés en 2025 ont encore supporté une CSG de 9,2 %. L’assurance-vie reste en dehors de cette hausse. Certains de ses produits bénéficient en outre d’un taux d’impôt réduit à 7,5 % après huit ans de contrat.
Vous n’avez aucune case à cocher pour relever de la flat tax. Lorsque votre banque vous verse un dividende ou un intérêt, elle prélève 12,8 %, mais ce prélèvement n’est qu’un acompte. L’impôt définitif se calcule sur votre déclaration, et l’acompte vient ensuite s’imputer sur ce montant.
L’option pour le barème via la case 2OP
En cochant la case 2OP, vous remplacez le taux de 12,8 % par le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus au même taux, car le choix ne porte que sur la part d’impôt.
Prévue à l’article 200 A du code général des impôts, cette option est globale, et c’est le point à garder en tête. Elle s’applique à tous les revenus et gains du foyer soumis à la flat tax pour l’année, et pas seulement au placement qui vous semble mieux traité par le barème. Seules les plus-values de cession de crypto actifs relèvent d’une option distincte, qui se coche dans une autre case de la déclaration.
Le barème devient intéressant lorsque votre tranche marginale, combinée aux abattements et à la CSG déductible, aboutit à un impôt inférieur à 12,8 % de vos revenus. Dans le cas contraire, cocher la case alourdit votre imposition.
Quels revenus mobiliers sont concernés par la case 2OP
Dividendes, intérêts et plus-values mobilières
L’option couvre d’abord les dividendes d’actions, qu’ils viennent d’un portefeuille boursier ou de la société que vous dirigez. Un président de SAS ou de SASU qui se verse des dividendes est donc directement concerné. Les intérêts de vos placements entrent aussi dans son champ : coupons d’obligations, comptes à terme ou livrets bancaires fiscalisés. Le livret A et le LDDS, exonérés d’impôt, n’en font pas partie. L’option porte enfin sur les plus-values de cession de valeurs mobilières, c’est-à-dire le gain réalisé quand vous vendez des actions ou des parts de fonds plus cher que leur prix d’achat.
Une option qui engage toutes vos enveloppes
Parce qu’elle est globale, la case 2OP ne se raisonne pas placement par placement. Elle couvre tous les revenus et gains de votre foyer soumis à la flat tax au cours de l’année, quelle que soit l’enveloppe qui les a produits. Le compte-titres en est le cas le plus courant, et la fiscalité du compte-titres dépend entièrement de ce choix annuel.
Deux autres enveloppes méritent une attention particulière.
Le PEA sort du sujet une fois passés cinq ans de détention. Les gains y sont alors exonérés d’impôt sur le revenu, et seuls les prélèvements sociaux restent dus. Un retrait avant cinq ans fait au contraire entrer le gain dans le champ de la flat tax, donc dans celui de l’option.
L’assurance-vie est souvent oubliée, alors qu’elle est concernée. Les produits issus des versements effectués depuis le 27 septembre 2017 passent au barème avec le reste. L’abattement annuel accordé après huit ans de contrat continue de s’appliquer : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. En revanche, le taux réduit de 7,5 % est remplacé par votre tranche marginale.
Prenons un couple imposé dans la tranche à 11 %. Il perçoit 3 000 € de dividendes et vend la même année des actions achetées après 2018, avec une plus-value de 50 000 €. S’il coche la case pour profiter de l’abattement de 40 % sur ses dividendes, la plus-value entre elle aussi dans le revenu imposable du foyer. Une partie de ce gain sera alors taxée à 30 %, au lieu de 12,8 % avec la flat tax. Le gain obtenu sur les dividendes peut ainsi être effacé par le surcoût sur la plus-value. Seul un calcul d’ensemble permet de trancher.
Abattements et CSG déductible
Au barème, vos dividendes éligibles, c’est-à-dire ceux versés par des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, ne sont imposés que sur 60 % de leur montant, grâce à un abattement de 40 %. Cet abattement tient compte de l’impôt que l’entreprise a déjà payé sur ses bénéfices. Il ne s’applique ni aux intérêts ni aux plus-values.
Les plus-values sur des titres acquis avant le 1er janvier 2018 ont leur propre avantage : un abattement pour durée de détention, de 50 % entre deux et huit ans et de 65 % au-delà. Il ne joue qu’en cas d’option pour le barème. Certains titres de jeunes PME, eux aussi acquis avant 2018, ouvrent droit à un abattement renforcé pouvant atteindre 85 %.
Enfin, une fraction de 6,8 % de la CSG devient déductible de votre revenu imposable, l’année où vous la payez. Ce mécanisme évite d’être imposé sur une somme déjà prélevée, et il n’a pas d’équivalent avec la flat tax.
Ces mécanismes se cumulent et abaissent nettement l’impôt réel. Après abattement et CSG déductible, un dividende n’est imposé qu’à un peu plus de la moitié de votre taux marginal. Cela représente moins de 6 % dans la tranche à 11 % et près de 16 % dans la tranche à 30 %, à comparer aux 12,8 % de la flat tax.
Cocher selon votre tranche d’imposition
Pour un foyer non imposable ou imposé dans la tranche à 11 %, cocher est le plus souvent gagnant. Le barème taxe alors peu ou pas ces revenus, et l’acompte de 12,8 % prélevé par la banque est restitué en partie, voire en totalité. Au-delà de cette tranche, la flat tax reprend en général l’avantage, et seule une simulation qui tient compte de la nature de vos revenus permet de conclure. Une précaution vaut pour tous les profils : vos revenus mobiliers s’ajoutent à vos autres revenus et peuvent vous faire changer de tranche.
| Votre profil | Tendance | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Foyer non imposable | Barème généralement favorable | L’ajout des revenus mobiliers peut rendre le foyer imposable |
| Tranche à 11 % | Barème le plus souvent favorable | Une plus-value importante peut faire passer une partie des revenus dans la tranche à 30 % |
| Tranche à 30 % | Flat tax généralement plus favorable | Exception possible pour des titres acquis avant 2018 et détenus depuis plus de huit ans |
| Tranches à 41 % et 45 % | Flat tax presque toujours plus favorable | Seuls certains titres anciens de PME, à abattement renforcé, peuvent faire exception |
Ces tendances ne constituent pas une recommandation. Le résultat dépend de la composition exacte de vos revenus et de votre situation familiale, et l’option engage l’ensemble des revenus mobiliers du foyer pour l’année.
Case 2OP révocable : ce qui change à partir des revenus 2026
La fin de l’option irrévocable
Jusqu’à présent, l’option pour le barème était expresse et irrévocable. Un contribuable qui avait coché la case pouvait découvrir à réception de son avis que la flat tax lui aurait coûté moins cher. Il ne pouvait plus revenir en arrière, ni par une réclamation ni lors d’un contrôle. La loi de finances pour 2026 supprime ce caractère irrévocable.
La nouvelle règle vaut pour les revenus perçus à partir de 2026, déclarés au printemps 2027, et pour les années suivantes. Vous pourrez alors renoncer à l’option dans le délai de réclamation ou au cours d’un contrôle fiscal, si elle se révèle finalement défavorable. L’option exercée en 2026 sur les revenus 2025 reste en revanche irrévocable.
Ce que la révocabilité change pour votre arbitrage
L’ancienne règle ne permettait de corriger son choix que dans un sens. Le contribuable qui avait oublié de cocher pouvait déjà, dans certains cas, opter après coup pour le barème. Celui qui avait coché à tort restait lié par son choix. La réforme permet désormais la correction dans les deux sens.
Cette souplesse ne dispense pas de préparer le choix. Revenir sur une option suppose une démarche auprès de l’administration, et l’arbitrage entre flat tax et barème dépend toujours de l’ensemble de vos revenus de l’année. Une analyse patrimoniale menée avant la déclaration reste le moyen le plus sûr de décider en connaissance de cause.
Où et comment cocher la case 2OP
La case 2OP dans la déclaration en ligne
La case 2OP figure dans la rubrique de la déclaration de revenus consacrée aux revenus des valeurs et capitaux mobiliers. Vos dividendes et intérêts y sont en général préremplis, à partir de l’imprimé fiscal unique que votre banque ou votre assureur transmet à l’administration. Une seule case engage l’option pour l’ensemble du foyer fiscal : il n’existe pas de case par placement ni par membre du foyer.
Vérifier avant de valider votre déclaration
L’administration n’applique pas d’office le mode d’imposition le plus favorable. Si vous ne cochez pas la case, la flat tax s’applique, même lorsque le barème vous aurait coûté moins cher. Mieux vaut donc comparer les deux résultats avant de valider. L’imprimé fiscal unique et vos relevés détaillent les revenus perçus, l’acompte de 12,8 % et les prélèvements sociaux déjà retenus. Ils permettent ensuite de contrôler le calcul de votre avis d’imposition.
Arbitrer vos revenus mobiliers avec Aquilogia Patrimoine
Cocher ou non la case 2OP de votre déclaration d’impôts ne se décide pas sur un seul revenu. Le bon choix dépend de l’ensemble de vos revenus mobiliers de l’année et des enveloppes qui les portent, du compte-titres à l’assurance-vie. Votre tranche d’imposition, la composition de votre foyer et vos projets comptent tout autant. L’option se combine aussi avec les dispositifs de défiscalisation que vous utilisez peut-être déjà. Un versement déductible sur un PER, par exemple, abaisse votre revenu imposable et peut changer la tranche qui sert de référence à l’arbitrage. Un conseiller Aquilogia Patrimoine peut établir avec vous un bilan patrimonial qui chiffre les deux modes d’imposition et les articule avec les autres leviers permettant de payer moins d’impôts, en fonction de votre situation fiscale.
FAQ : la case 2OP et vos impôts
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La case 2OP est-elle avantageuse pour un non imposable ?
Pour un foyer non imposable, l’option pour le barème est en général favorable : l’impôt sur ses revenus mobiliers devient nul ou très faible, au lieu de 12,8 %. L’acompte prélevé par la banque lui est alors restitué. Il faut toutefois vérifier que l’ajout de ces revenus ne rend pas le foyer imposable.
Peut-on cocher la case 2OP pour un seul placement ?
L’option pour le barème est globale et ne peut pas viser un placement isolé. Une fois la case cochée, elle s’applique à tous les revenus et gains du foyer soumis à la flat tax pour l’année : dividendes, intérêts, plus-values et produits d’assurance-vie concernés. Seules les plus-values sur cryptoactifs relèvent d’une option séparée.
Comment revenir sur l’option pour le barème ?
À partir des revenus 2026, déclarés en 2027, le contribuable peut renoncer à l’option pour le barème dans le délai de réclamation ou au cours d’un contrôle fiscal, si elle se révèle défavorable. Pour les revenus 2025 et les années antérieures, l’option devient irrévocable une fois la date limite de déclaration passée.
Que se passe-t-il si on oublie de cocher la case 2OP ?
Sans case cochée, vos revenus mobiliers sont imposés à la flat tax, même si le barème vous aurait été plus favorable. L’administration admet toutefois que l’option pour le barème soit exercée après coup, dans le délai de réclamation. Une réclamation auprès de votre service des impôts permet ainsi de corriger l’oubli.
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